Inondations à Hamuta : “Il faut cesser de stocker du bois au bord des rivières !”

Le maire de Pirae, Edouard Fritch, aux côtés du chef de corps des pompiers de Teva I Uta, Gaston Tunoa. Les sapeurs-pompiers de Teva I Uta sont venus en renfort ce mardi 13 février pour aider à nettoyer le quartier de Hamuta, inondé suite aux violentes averses lundi 12 février. (Photo : SG/LDT)
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Le quartier Hamuta, à Pirae, a été l’un des plus touchés par les fortes pluies de lundi matin, 12 février, sur l’archipel de la Société. Les riverains et la mairie, déjà sinistrés en 2017, ne pensaient pas revivre une crue si soudaine et violente, d’autant que des travaux, dans le lit de la rivière, ont été effectués ces dernières années.

Le secteur a été inondé au point qu’une bonne partie de la route, devant la mairie, a été bloquée à la circulation, dans la matinée de lundi, avant que l’eau ne s’évacue, fort heureusement assez rapidement. Boue, débris, morceaux de bois et même d’immenses troncs d’arbres ont ensuite dû être évacués au grand désespoir du maire Edouard Fritch. Selon lui, la principale cause de ce désastre est le bois stocké aux abords de la rivière, en amont.

Edouard Fritch, maire de Pirae

Solidarité et civisme

Le quartier de Hamuta a subi d’importantes inondations. Ou en êtes-vous dans le travail de nettoyage ? 

Hier matin, le premier travail a été de dégrossir car il y avait énormément de débris, de troncs d’arbres. Les pompiers de Pirae et les ouvriers du parc à matériel de la commune ont été mobilisés. La population nous a beaucoup aidé aussi.

Le nettoyage a été nécessaire jusqu’à 2 km depuis la mairie vers la vallée. On s’est demandé comment on pouvait trouver autant d’immondices, de bouts de bois, de troncs d’arbres coupés jusqu’à 8 mètres de long ! Il a fallu enlever tout ça.

Le maire de Teva I Uta m’a proposé son aide et aujourd’hui, avec le concours des sapeurs-pompiers de Teva I Uta, nous faisons le travail de nettoyage. On essaye de faire disparaître ces images de désolation. C’est aussi une expression de la solidarité qui existe entre les sapeurs-pompiers et on est bien content de les avoir avec nous !” 

Des travaux de bétonnage et de sécurisation ont été effectués recemment pour éviter les crues. Ces travaux ne suffisent-ils pas ? 

“Le bétonnage des lits de rivière est une bonne chose car il permet à l’eau de s’écouler plus facilement. Mais, d’une part, le bétonnage coûte cher et d’autre part, il faut laisser une part de biodiversité dans la rivière. Le problème, c’est qu’il y a encore beaucoup d’enrochement dans lequel des troncs d’arbres se bloquent et créent des barrages. Il y a aussi les passerelles et les ponts dans lesquels s’entassent les débris.”

Que faut-il donc faire pour éviter que cela ne se reproduise ? 

“Il faut continuer à prêcher la bonne parole, demander aux habitants d’évacuer, de ne pas stocker les bois coupés au bord des rivières. Qu’ils appellent la commune, on peut trouver des solutions ! Ces solutions seront toujours moins coûteuses que ce que l’on est entrain de faire aujourd’hui.”

Gaston Tunoa, chef de corps des sapeurs-pompiers de Teva I Uta

“Chasser la boue de la chaussée”

Nous sommes venus en renfort pour aider car ici, à Pirae, ils ont vécu une situation que je ne souhaite à personne. Les pompiers de la commune ont déjà nettoyé des maisons et des quartiers et aujourd’hui, nous essayons de chasser la boue au maximum de la chaussée.

Nous sommes venus avec un camion d’une capacité d’eau de 6 000 litres qui nous permet de travailler rapidement. Le dispositif comprend aussi des sapeurs-pompiers volontaires et des GSMP (Groupe montagne sapeurs-pompiers) formés pour intervenir dans des situations périlleuses. 

Nous devions déjà venir hier mais nous étions aussi en alerte à Teva I Uta au cas ou la situation se dégrade. Merci seigneur, nous avons été épargné.”