Politique migratoire australienne: des contrats accordés à des entreprises suspectes

L'Australie a transféré à partir de 2001 des milliers de personnes qui tentaient d'atteindre le pays par bateau vers des centres de "traitement" sur les îles du Pacifique Manus et Nauru. (Photo ONU-HCR)
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L’Australie a attribué des contrats publics, dans le cadre de sa politique controversée de détention de migrants à l’étranger, à des entreprises soupçonnées de malversations et trafics illégaux, selon les conclusions d’une enquête publiée lundi.

Cette enquête a révélé que plusieurs entreprises et individus ayant remporté ces contrats étaient soupçonnés de s’être livrés à du blanchiment d’argent, du trafic d’armes, du trafic de drogue ou de la corruption.

“Il est possible que des centaines de millions de dollars venant des contribuables soient allés à des entreprises qui ont utilisé cet argent en partie pour commettre des actes criminels”, a déclaré la ministre de l’Intérieur Clare O’Neil, qui avait ordonné l’enquête.

L’Australie a transféré à partir de 2001 des milliers de personnes qui tentaient d’atteindre le pays par bateau vers des centres de “traitement” sur les îles du Pacifique Manus et Nauru.

Beaucoup de migrants ont croupi dans des camps pendant des années, dans des conditions décrites par les groupes de défense des droits comme “infernales”.

A la suite d’informations de médias selon lesquelles certaines entreprises impliquées dans cette politique étaient suspectes, Dennis Richardson, l’ancien chef du service de renseignements intérieurs, avait été mandaté pour enquêter.

Il a constaté que “les vérifications adéquates ont fait défaut en ce qui concerne des contrats avec des entreprises relativement petites” et pratiquement inconnues.

Les propriétaires d’une de ces sociétés sous contrat “ont été soupçonnés de chercher à contourner les sanctions américaines contre l’Iran, et d’avoir effectué d’importants transferts d’argent suspects suggérant du blanchiment d’argent, des pots-de-vin et d’autres activités” illégales.

D’autres personnes ou entreprises ont été engagées dans le cadre de ce projet malgré des enquêtes de police en cours, notamment pour trafic de drogue et d’armes vers l’Australie, ou étaient soupçonnées de corruption.

Le programme de détention à l’étranger de migrants mis en place par l’Australie a été vivement critiqué par les défenseurs des droits de l’homme, mais a continué pendant des décennies.

Le gouvernement britannique a également un projet controversé similaire prévoyant d’envoyer des migrants illégaux vers le Rwanda.

AFP