JO 2024 – Les fondations terminées, le montage de la tour des juges va bientôt commencer

La partie la plus sensible du chantier, à savoir la réalisation des fondations, s'est achevée dans le lagon de Teahupo'o (Photo : Tu'aro Nui).
Temps de lecture : 5 min.

Depuis la réunion gouvernementale et associative du 10 décembre 2023 à la mairie de Vairao, suivie du coup d’envoi des travaux dans le lagon de Teahupo’o, c’était un peu le calme après la tempête à la Presqu’île… Le chantier de la tour des juges pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 avait provoqué bien des remous, tant localement qu’à l’international. Deux mois plus tard, la partie la plus sensible du chantier, à savoir la réalisation des fondations, s’achève.

Christian Wang Sang, en charge du suivi des travaux, des sites et de la sécurité au sein de la cellule Tu’aro Nui du ministère des Sports et de la Jeunesse, a répondu aux questions de La Dépêche de Tahiti pour dresser un point d’étape concernant le chantier de la tour d’arbitrage dans sa version allégée.

Où en sont les travaux concernant la tour des juges ?

“Nous avons fini mardi dernier (6 février, ndlr) tout ce qui est forage, bétonnage et réalisation des plots en béton, juste à temps avant la vigilance rouge. Les platines de fixation sont en train d’être posées sur les fondations sous-marines pour pouvoir accueillir la tour allégée en aluminium, qui va se construire en mer d’ici une semaine environ. Les travaux sous l’eau vont se terminer et on va passer à des travaux visibles avec le montage de la structure, qui est en cours de démontage chez NSI (Nautisport Industries, ndlr) depuis le 22 janvier pour une mise en container et un acheminement sur site”.

Comment se sont passés les travaux de réalisation des fondations, qui cristallisaient les inquiétudes environnementales ?

“J’étais sur site pendant toute la durée du forage et du bétonnage pour prendre la pleine mesure de l’avancement. Il faut savoir que les forages, comme cela a été expliqué, font 5 centimètres de diamètre. On est vraiment sur des forages manuportés, avec des outils que l’opérateur peut manipuler à la main. L’avantage de toutes ces discussions et de la polémique, c’est qu’il y a eu du positif au niveau des travaux. On a pu mieux dimensionner le dispositif d’acheminement, par exemple : on a revu à la baisse les barges de transport du matériel et des matériaux, ce qui a bien sûr eu un impact sur le délai, qui était plus long. On avait 8 à 10 personnes sur deux petites barges, qui ont passé de longues journées à l’eau pour couler le béton en moins d’une semaine avant la période de dépression”.

Est-ce que le projet de bouturage de corail évoqué pour restaurer les parties brisées est déjà programmé ?

“Pour ce volet, notre ministre a annoncé une phase d’héritage, qui est en ce moment en train d’être montée avec une nouvelle personne au sein de notre équipe pour la mettre en place en étroite collaboration avec le bureau d’études PTPU (Pae Tai Pae Uta, ndlr). L’objectif, après la période des travaux, c’est de pouvoir identifier ces coraux et entrer en phase de bouturage. Avec le Pays, PTPU a identifié des personnes sur Teahupo’o et Taiarapu-Ouest, des jeunes de la commune pour être acteurs de ce bouturage dans le cadre d’un travail rémunéré. On ne peut pas faire ça maintenant pour des raisons de sécurité et de co-activité”.

Combien de temps va durer le montage de la tour dans le lagon ?

“Les travaux de montage seront assurés par NSI pour une durée de deux mois à peu près, soit jusqu’au 15 avril, en sachant qu’on n’a pas beaucoup de marge de manœuvre avec la dépression qui a consommé les derniers jours de battement qu’on avait. On est vraiment sur le fil pour la livraison pour la WSL (World Surf League, ndlr), avec le test event au mois de mai. L’enjeu, c’est que cette tour puisse être utilisée par la WSL, pas que par les JO. Après le montage, il va y avoir la phase d’aménagement pour pouvoir accueillir les personnes”.

La tour ne sera donc pas démontée entre la WSL et les JO ?

“Non, elle ne sera pas démontée, vu que les JO arrivent un mois et demi après, mais elle sera bien démontée à l’issue des JO pour pouvoir être remontée lors de prochains événements. C’est comme ça qu’elle a été pensée”.

Quels sont les points de vigilance pour ce premier montage sur l’eau ?

“Le premier point, ça va être de pouvoir monter la tour sans gros engin de manutention. En mer, c’est beaucoup plus compliqué qu’à terre. On va devoir le faire avec des moyens humains, à la force des bras. Chaque pièce a été conçue pour ne pas dépasser 50 kg, qui est la charge autorisée. Il faudra attendre le premier palier pour pouvoir installer un système de poulie pour pouvoir monter les pièces suivantes”.

Est-ce que les associations vous ont rendu visite sur site ?

“Ça a été une belle surprise de voir qu’une fois que Président (Moetai Brotherson, ndlr) a annoncé les travaux, on n’a pas rencontré de difficultés. Sauf au démarrage, avec deux soirées de vandalisme du balisage posé pour la sécurité des bateaux, mais aussi des coraux. Les ouvriers ont vraiment pu se concentrer sur leur mission pour bien faire les choses et tenir les délais. Je l’ai vu : de bon cœur, ils ont bien fait leur job avec les moyens humains qu’ils ont pu déployer et ils étaient portés par les JO”.

La tour allégée est-elle associée à un allègement du budget ?

“Non, bien au contraire, le tarif a augmenté ! On aurait pu alléger le budget de cette tour que si la discussion d’allègement était arrivée bien avant l’attribution du marché et la commande de la matière première. Or, la tour d’origine était déjà réalisée à 95 % au moment des modifications. On se retrouve avec des pièces qui ne seront jamais utilisées. C’est dommage, mais ça faisait partie des négociations. Elles ne pourront pas faire office de pièces de rechange : elles pourront uniquement être utilisées si on veut agrandir la tour. Il y a aussi un surcoût lié aux études supplémentaires”.

Pour finir, où en sont les chantiers d’aménagement du domaine Rose, de la marina de Teahupo’o et de la pointe Riri à Toahotu ?

“Au niveau du domaine Rose, le terrain est viabilisé. La phase de travaux est finie en ce qui concerne le terrassement. Maintenant, on va entrer dans la phase où Paris 2024 va commencer à monter les chapiteaux et les structures éphémères, mais aussi tirer l’électricité et finaliser le bouclage de la fibre autour de Tahiti iti. Concernant la pointe Riri, le chantier a été ralenti par les intempéries et les difficultés dans le secteur du bâtiment pour trouver des gravas, mais la zone d’accueil sera prête pour les JO. À la marina de Teahupo’o, on est aussi ralenti par les problèmes d’approvisionnement en granulats pour la réalisation du béton, mais elle sera bien livrée à temps pour les JO”.

Lire aussi

JO 2024 : le “processus révisé” des travaux d’implantation de la tour présenté aux associations

JO 2024 : plusieurs centaines de manifestants contre la nouvelle tour des juges

JO 2024 : deux barges sont passées, du corail brisé par une troisième

Tour à prix d’or pour les JO à Teahupo’o : les précisions de la ministre des Sports