Un Russe après la mort de l’opposant Navalny : “Poutine se voit comme un nouveau Staline”

Selon Maxim, en Russie, "la répression est devenue telle qu'elle est proche de ce qui existait sous Staline." (Photo DG/LDT)
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Maxim, un membre de la communauté russo-ukrainienne en Polynésie française, a participé ce mardi 20 février place Tarahoi à un rassemblement en hommage à Alexeï Navalny, le principal opposant à Vladimir Poutine en Russie qui est décédé, vendredi 16 février, dans une prison en Sibérie. Entretien.


• Pourquoi les pays occidentaux comme la France doivent-ils se préoccuper du sort de l’Ukraine ?

En fait il suffit d’écouter Poutine lui-même, il a déjà dit que ses prochaines cibles seraient l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, c’est-à-dire les Pays baltes. L’ancien président Medvedev publie chaque jour des messages dans lesquels il dit que la Russie doit attaquer Berlin, Paris, Londres, avec la bombe atomique. Les populations des pays occidentaux doivent comprendre que Poutine, c’est un danger qui peut toucher les autres pays et poser des problèmes à tout le monde.

• Avec la mort de l’opposant Navalny, la Russie envoie-t-elle un message à tous les contestataires en puissance ?

Entre la Fédération de Russie et les pays occidentaux, il y avait cet homme-là, Alexeï Navalny, qui en quelque sorte nous protégeait et agissait pour lutter contre ce gouvernement. Maintenant que Navalny est mort, Poutine a encore plus de latitude pour faire ce qu’il veut. L’Ukraine, en fait, c’est actuellement ce qui nous sépare tous du gouvernement russe. C’est la raison pour laquelle il faut continuer à soutenir l’Ukraine et à lui fournir des armes. Il y a cinq jours, le Danemark a donné toutes ses armes à l’Ukraine. Et la Suède a rétabli son service militaire obligatoire à cause du Kremlin.

• Redoutez-vous la possible élection de Trump à la présidence des Etats-Unis, et un soutien moindre à l’Ukraine ?

Nous pensons que Si Trump revient au pouvoir, ce sera une catastrophe non seulement pour l’Ukraine mais pour le monde entier, parce qu’il va soutenir la dictature. Poutine, ça n’est pas du néo-impérialisme, c’est du néo-communisme dans ce sens où il se voit comme un nouveau Staline. Mais lui et ses proches sont malins parce qu’ils veulent continuer à vivre comme des capitalistes. En Russie, la répression est devenue telle qu’elle est proche de ce qui existait sous Staline.

• Est-ce que ça a été une erreur de penser, il y a bientôt 30 ans, que l’Europe pourrait rattacher le bloc russe à elle, par les simples effets de l’économie de marché ?

Non, ce n’était pas une erreur, au contraire. C’était une vraie possibilité. Les Russes, pour une large partie d’entre eux, sont des Européens en fait. Nous venons de Saint-Pétersbourg et c’est vraiment une ville européenne, comme Paris ou Rome. Les pays occidentaux ont ouvert leur porte à l’intégration de la Russie quand l’Union soviétique s’est écroulée. Le problème c’est que Poutine n’était pas le démocrate que les pays occidentaux avaient cru identifier. Poutine est même parvenu à corrompre certains élus européens.