Sans moustique du type Anopheles, le risque de paludisme reste absent à Tahiti et ses îles

Les moustiques vecteurs du paludisme appartiennent tous au genre Anopheles, qui n'est pas présent en Polynésie française. (Photo STS)
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La dengue, le zika ou encore le chikungunya, ces maladies infectieuses transmises par les moustiques sont à l’origine de vagues épidémiques autour du globe, auxquelles la Polynésie française est aussi exposée. Notre territoire est toutefois épargné par l’une d’entre elles : le paludisme, aussi connu sous le nom de la malaria.

Des parasites transmis par des moustiques infectés

Dans son bulletin hebdomadaire de la deuxième semaine de février, le bureau de veille sanitaire consacre une pleine page à cette maladie potentiellement mortelle due à des parasites du genre Plasmodium, transmis à l’homme par la piqûre de moustiques infectés ayant précédemment piqué un homme impaludé.

Parmi ces parasites, les 4 espèces principales sont les suivantes : Plasmodium falciparum (la plus fréquente, qui peut provoquer une forme mortelle de la maladie), Plasmodium vivax (largement répandue, mais non-mortelle), Plasmodium ovale et Plasmodium malariae (moins fréquentes).

Des symptômes potentiellement mortels sans traitement

Les parasites envahissent les globules rouges humains et provoquent leur hémolyse (destruction), causant des symptômes cliniques très divers. “Le paludisme débute par une fièvre 8 à 30 jours après l’infection, qui peut s’accompagner (ou non) de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux”.

“Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir : c’est ” l’accès palustre”. La périodicité de ces cycles dépend de l’espèce de parasite en cause, et coïncide avec la multiplication des parasites et l’éclatement des globules rouges, qui conduit également à l’anémie. Le paludisme engendré par P. falciparum peut être fatal s’il n’est pas traité. Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent obstruer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c’est le neuropaludisme, souvent mortel”, détaille le bureau de veille sanitaire.

Pas de risque en Polynésie, mais la surveillance reste de mise

Les moustiques vecteurs du paludisme appartiennent tous au genre Anopheles, qui n’est pas présent en Polynésie française. De ce fait, le parasite “ne peut pas donner lieu à une épidémie”. Cependant, la vigilance est de mise et les autorités continuent de surveiller l’introduction possible du moustique au Fenua.

Dans le Pacifique, Plasmodium vivax et falciparum sont présents en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Vanuatu et aux îles Salomon, où “ils contribuent à un taux de morbidité ainsi qu’à des fatalités”. Le dernier cas importé en Polynésie française remonte à l’été 2022 et avait été signalé à Moorea. Le paludisme d’importation demeure assez fréquent et la surveillance de ce dernier est crucial pour la prise en charge du paludisme grave, qui est une urgence diagnostique et thérapeutique. Ce traitement repose sur l’artésunate intraveineux, disponible au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF).

En cas de voyage dans les zones concernées, un traitement préventif doit être prescrit par un médecin. Toutefois, les antipaludiques (dont la chloroquine, qui avait tant fait débat pendant la pandémie de Covid-19) doivent être associés à des répulsifs pour limiter les risques d’infection.

Le paludisme en quelques chiffres

  • 100 : le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
  • 50 % : selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme.
  • 94 % : la région africaine concentre la majorité des cas de paludisme recensés.
  • 700.000 : c’est le nombre de décès imputables au paludisme en 2021.
  • 5.500 : c’est le nombre de cas d’importation du paludisme en France.

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