Trois hommes condamnés pour avoir ligoté et violenté leur collègue de travail

Trois hommes étaient jugés en comparution immédiate, ce jeudi 22 février, pour avoir séquestré et violenté un collègue de travail qu'ils accusaient de vol. (Photo : DR)
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Ce jeudi 22 février, trois hommes, charbonniers de profession, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Papeete pour avoir, les 14 et 17 février derniers, séquestré et donné des coups à un de leurs collègues de travail qu’ils accusaient d’avoir volé un groupe électrogène. Sur fond de précarité, deux des protagonistes ont été condamnés à huit et quatre mois de prison ferme. Le troisième complice a, quant à lui, été condamné à six mois de prison avec sursis.

Les quatre hommes travaillent sur un chantier de la Papenoo. Parmi eux, deux frères dont l’aîné, responsable du chantier, un employé, qui se rendra complice de la séquestration, et la victime. Le 14 février, il est constaté la disparition du groupe électrogène du site. Dans la tête de l’aîné de la fratrie, il ne fait aucun doute que la victime, embauché au noir pour un salaire dérisoire de 40 000 francs par mois, est coupable après l’avoir vu sur le site le dimanche précédent alors qu’il ne devait pas s’y trouver.

Afin d’obtenir les aveux de son employé, qu’il décrit à la barre comme un “bon travailleur”, le responsable du chantier décide d’employer la manière forte : il le ligote avec une sangle, avec la complicité de son autre employé prévenu, pendant plusieurs heures et le frappe, avant de finalement le libérer. De crainte de perdre son emploi, la victime ne porte pas plainte. La semaine continue alors comme si de rien n’était et tout le monde reprend le travail.

“L’exploitation de l’homme par l’homme”

Cependant, le samedi 17 février, les choses s’enveniment à nouveau et l’affaire du groupe électrogène revient sur le tapis. Après avoir bu quelques bières ensemble, le jeune employé est à nouveau pris à partie, cette fois par les deux frères, et accusé du vol de l’appareil. Les deux prévenus s’en prennent alors physiquement à leur travailleur non déclaré qui parvient à s’enfuir. Il porte plainte dès le lendemain, le dimanche 18 février et se voit attribuer cinq jours d’interruption temporaire de travail.

A la barre, l’employé, complice du ligotage, explique avoir agi de la sorte seulement car son patron lui avait demandé. Lui également n’est pas déclaré et vit dans dans conditions précaires. Le plus âgé des frères, considéré comme l’instigateur, ne cesse de présenter ses excuses à la victime. Décrit comme fragile psychologiquement par son avocate, il indique avoir agi de la sorte s’étant senti trahi par celui à qui il avait donné un travail, un toit et qu’il nourrissait.

Pour l’avocat de la jeune victime, âgée seulement de vingt-deux ans, le quotidien de son client n’est autre qu’une situation “d’exploitation de l’homme par l’homme”, a la limite de l’esclavage. Une victime qui garde encore des séquelles psychologiques fortes des violences subies. Le responsable du site et frère aîné est finalement condamné à huit mois de prison ferme. Son cadet est condamné à quatre mois de prison ferme. Enfin le dernier prévenu écope d’une peine de six mois de prison avec sursis.