Il “rosse” son ex-conjointe mineure et enceinte, le tribunal le condamne à deux ans de prison

Un jeune homme de 28 ans a été condamné par le tribunal de Papeete à deux ans de prison pour des faits de violences conjugales envers son ex-conjointe. (Photo : YP/LDT)
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Guillaume, un jeune homme de 28 ans, est jugé en comparution immédiate, ce lundi 26 février, pour des faits de violences et de harcèlement moral envers son ex-conjointe, Nancy. De taille moyenne, les deux avant-bras tatoués, une attitude presque rebelle, le prévenu a déjà été condamné à deux ans d’emprisonnement pour les mêmes raisons, en décembre 2022. Dans son casier judiciaire, treize mentions sont inscrites, dont la majorité porte sur des vols et des infractions aux biens.

C’est suite à un examen médical que l’alerte a été donnée. Nancy, qui vient d’accoucher de son enfant en janvier 2024, est auscultée par une sage-femme. Cette dernière remarque alors plusieurs traces de violences sur le corps de la jeune fille, âgée de 18 ans à ce moment-là. Des ecchymoses au niveau des bras et du dos, des cicatrices sur l’ensemble de son corps… A un si jeune âge, Nancy est marquée physiquement et moralement par ses plaies. Après avoir discuté avec la victime, la sage-femme, stupéfaite, découvre le quotidien de la jeune maman. Elle signale aussitôt le cas à la gendarmerie. 

“Je suis très jaloux”

À la barre, Guillaume se tient à carreau, du moins en début d’audience. Selon les faits, il aurait maltraité Nancy de novembre 2022 à février 2024, alors qu’elle était mineure et enceinte d’un enfant dont il n’était pas le père. D’abord une gifle au visage, puis Guillaume lui tire les cheveux, la pince, lui inflige des coups de poing et de pied parce que monsieur est “très jaloux“. Il va plus loin : il prend le contrôle de ses réseaux sociaux, il la prive de voir ses amis et lui interdit même de se procurer un moyen de contraception “pour contrôler sa fidélité“. “Je l’aime. Je suis très jaloux“, ose-t-il dire. “Ce n’est pas de l’amour monsieur, c’est du contrôle et de la possession“, lui rétorque la juge. “C’est elle qui revient chez moi, elle sait comment je suis“, insiste le prévenu. “Et alors ? La violence n’est jamais acceptable !“, tranche la juge.

Interrogée à son tour, Nancy reconnait les faits. D’ailleurs, la jeune femme aurait écrit toutes les violences subies dans un carnet. Candide et vraisemblablement amoureuse de Guillaume, elle étonne presque toute l’audience lorsqu’elle confie au micro : “je ne veux pas rester toute seule sans lui. Je veux continuer à vivre avec lui, je me sens bien chez mon concubin“. Peur de l’abandon ou dépendance affective, Nancy est très endommagée émotionnellement. Face à son bourreau, elle verse des larmes.

“Coupable !”

Enfin, vient le moment du délibéré. “Si je vais en prison, je vais me pendre“, lance Guillaume. Il est finalement condamné par le tribunal de Papeete à deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec une obligation de travail et une obligation de soins. Alors qu’on lui passe les menottes, il n’arrête pas d’appeler son ex-concubine, assise dans la salle d’audience. Il marmonne des injures et des remarques désobligeantes avant d’être embarqué par les forces de l’ordre. 

Les prénoms utilisés dans cet article sont des prénoms d’emprunt.