Salon de l’immobilier – Jacques Menahem : “il y a un manque de 13000 logements en Polynésie”

Selon Jacques Menahem, fondateur et gérant de la société Sotheby’s International Realty, "il y a un manque de 13 000 logements en Polynésie". (Photos : LC/LDT)
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Le salon de l’immobilier s’est ouvert ce vendredi 1er mars au Hilton Tahiti, à Faa’a. Demeures de Tahiti, Patrimonia Courtage, Invest in Pacific, Immo.pf… une dizaine de professionnels du secteur attendent le public jusqu’au samedi 2 mars. Des conférences sont également organisées et ouvertes au public afin de répondre à différentes interrogations dans le domaine de l’immobilier.

La Dépêche de Tahiti s’est entretenue avec Jacques Menahem, fondateur et gérant de la société Sotheby’s International Realty, au sujet de l’impact de l’inflation sur les loyers, des problématiques de logement et comment investir dans l’immobilier en 2024.

Entretien

Depuis l’inflation de 2020, les prix de l’immobilier ont augmenté. En 2024, comment peut-on se loger, et en particulier accéder à la propriété, avec une telle envolée des prix ?

C’est vrai que c’est plus compliqué de se loger cette année que cela a été avant le Covid. Mais, il faut également noter que la hausse a progressé de façon considérable depuis des années. Je pense qu’en 2024, on se trouve sur une stagnation de prix et certains commencent à comprendre qu’il faudra faire des efforts sur le prix. Bien entendu, tous les propriétaires ne partagent pas ce même avis.

En 2024, la demande est-elle toujours plus forte que l’offre ? 

Bien sûr, toujours. Il y a un manque de 13 000 logements sur la Polynésie : c’est énorme. Cette carence ne se comblera pas en 2024, ni en 2025. Et à mon avis, il va falloir attendre 2030, peut-être, rien n’est garanti pour le moment. Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez de permis de construire qui sortent à temps. Les projets sont trop longs à aboutir, l’administration est lente.

Si, aujourd’hui ,vous voulez construire un immeuble, il faut trouver le terrain. Une fois acquis, il faut faire des études. Avant d’obtenir le permis de construire, cette démarche peut prendre entre 18 mois et deux ans. Donc un projet, c’est au plus rapide trois ans. Mais généralement, l’aboutissement s’établit entre quatre à cinq ans.

Quelles sont les problématiques soulevées régulièrement par vos clients ? 

Un manque d’offre, les intérêts bancaires et la limite des 35% d’endettement. C’est-à-dire que, lorsqu’on a un petit revenu, avec 35% on ne va pas très loin. Si tu gagnes 150 000 F et que 35% ça fait 50 000 F de remboursement mensuel, ça ne permet pas de beaucoup emprunter.

En revanche, les revenus qui sont plus importants se font aussi limiter par les 35% d’endettement. Par exemple, si un couple gagne un million de francs par mois, il sera limité à 35% d’endettement, c’est-à-dire qu’il ne pourra pas emprunter au-delà de 350 000 F de remboursement mensuel. Cependant, il peut vivre avec 500 000 F. Donc on aurait pu lui permettre d’emprunter jusqu’à 500 000 F de remboursement mensuel et le laisser vivre avec l’autre moitié de son salaire. Mais ce n’est pas possible puisqu’on est coincé avec ces 35% d’endettement. Ainsi, cela réduit la possibilité d’accorder des crédits plus importants, à des gens qui pourraient rembourser.

Comment investir dans l’immobilier en 2024 ? 

Je conseillerais de démarrer avec un petit produit, comme un studio. Puis de se renforcer et de le revendre. Ensuite, acheter un F2, se renforcer, après acheter un F3, ainsi de suite jusqu’à grandir pendant sa vie. Nous avons assisté à un colloque à la présidence, où nous avons émis énormément de solutions. J’espère que le gouvernement va reprendre certaines de nos propositions pour, en fin de compte, alléger la note pour les investisseurs jeunes et moins jeunes.