Heiva Taure’a – Heimiri du collège de Arue : “il est essentiel de s’imprégner de sa culture”

Heimiri Mou, 13 ans, fait partie des danseurs qui feront briller le collège de Arue, lors du Heiva Taure'a 2024. (Photos : LC/LDT et DR)
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Le Heiva Taure’a se tiendra du jeudi 7 mars au samedi 9 mars. Treize établissements scolaires feront vibrer la scène de To’ata au rythme du ote’a et du aparima. La section des arts traditionnels du collège de Arue, qui fait équipe avec le Centre des jeunes adolescents (CJA) de Arue, participe pour la première fois au concours. Le groupe présentera un spectacle inspiré d’une légende de la commune.

Une cinquantaine d’élèves s’exercent actuellement aux différents rôles du spectacle : danses, percussions traditionnelles et ‘ōrero. À quelques jours de leur passage, prévu le vendredi 8 mars, La Dépêche de Tahiti a rencontré une élève. Elle s’appelle Heimiri Mou. Elle a treize ans et est en classe de quatrième.

Bercée par le ‘ori tahiti depuis l’enfance

Heimiri danse depuis “toute petite“, c’est-à-dire depuis qu’elle a trois ans. “Mes parents sont danseurs. Je les admirais à chacune de leur répétition et j’apprenais la danse en les regardant. C’était très inspirant de voir mes parents vivre leur culture“, se souvient-elle. Toujours dans son enfance, Heimiri se remémore danser avec ses cousines pendant que son père frappe le to’ere et le pahu. “Je garde le souvenir de partager ces moments précieux avec ma famille“, confie-t-elle.

À présent, Heimiri est adolescente et pratique le ‘ori tahiti au sein du groupe Arato’a, dirigé par Kehaulani Chanquy. “Les cours se passent très bien !”, confesse-t-elle. Si pour certains de ses camarades, ce prochain Heiva Taure’a sera une première expérience de ce type de gala, Heimiri est au contraire une “habituée”. En effet, avec l’école Aratoa, la jeune collégienne a participé six fois au Heiva des écoles. “Ma première expérience sur scène a été stressante, surtout en voyant tous ces yeux dans le public. Mais c’était bien parce que je pouvais montrer ce que j’avais appris pendant les cours“, se souvient-elle. Issue d’une famille très ancrée culturellement, elle s’exerce également à frapper les percussions traditionnelles avec son père et pratique le ‘ōrero depuis le CE1.

“J’aime tous les aspects de ma culture”

Il est important que les jeunes de notre âge s’investissent davantage dans notre culture et j’aimerais qu’elle soit revalorisée comme autrefois“, avoue Heimiri, qui depuis son enfance, parle le tahitien avec ses grand-parents. Bien que “les jeunes d’aujourd’hui préfèrent TikTok et danser sur les musiques des Dj locaux“, Heimiri reconnaît que beaucoup de camarades choisissent d’apprendre le tahitien en deuxième langue vivante. “Dans certaines familles, la culture polynésienne se transmet de génération en génération. Et, personnellement, je pense qu’il faut vraiment la vivre pour pouvoir la partager à nos futures générations“, précise-t-elle.

En attendant le gala, Heimiri et ses coéquipiers doivent encore peaufiner les entrées et les sorties de leur spectacle. Ils s’investissent pour confectionner leur costume végétal et s’impatientent de pouvoir déclamer leur amour pour la culture polynésienne. “Si je la célèbre, c’est pour la connaitre et la vivre. J’aime tous ses aspect, même jusqu’au ma’a. Mon père m’a toujours enseigné qu’il était essentiel de s’imprégner de sa culture“, conclut Heimiri.

Stan, père de Heimiri, ancien danseur de ‘ori tahiti :

Aujourd’hui, on assiste au Heiva et on espère aussi intégrer une troupe.

J’ai intégré la troupe de Ahutoru Nui de Arue, à 20 ans. C’est un ami de quartier qui m’a invité à rejoindre la troupe. Dans les années 90, ce n’était pas tous les jeunes qui dansaient le ori tahiti, du moins, ceux de la commune car Ahutoru Nui n’était pas très active.

À cette époque, je me souviens que certains jeunes de Polynésie se rassemblaient à un endroit précis afin de danser le ‘ori tahiti. Ils se regroupaient particulièrement pendant des évènements religieux pour présenter un spectacle.

Depuis les années 2000, je pense que les jeunes s’orientent davantage vers la danse polynésienne, notamment avec les concours de jeunes danseurs et les solos. Les participants augmentent chaque année. Des étrangers viennent en Polynésie pour apprendre la danse tahitienne, surtout pendant le Heiva i Tahiti. Lorsque nos jeunes les voient, je pense qu’ils se disent : “pourquoi eux et pas nous ?”.

Je pense que l’on peut remercier la troupe O Tahiti E qui a modernisé la méthodologie d’apprentissage. Ce groupe a inspiré d’autres à se professionnaliser. De nos jours, nous sommes plus attirés par le ‘ori tahiti. À mon époque, on allait assister au Heiva et ça s’arrêtait là. Aujourd’hui, on assiste au Heiva et on espère aussi intégrer une troupe.

Confidences…

  • Ton plat préféré ?

Le streak frites”

  • Ta musique du moment ?

“Na te ra’i de Meari U

  • Tes bonbons préférés ?

Ce sont les languettes acides de Haribo”

  • Ta personnalité polynésienne ?

Matatini Mou

  • Ta phrase en tahitien préférée ?

“U’a here au ia oe, qui signifie je t’aime