Akira Toriyama, le mangaka au succès mondial avec Dragon Ball, est décédé au Japon

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Avec “Dr. Slump” et surtout “Dragon Ball”, Akira Toriyama, décédé au Japon à l’âge de 68 ans, a obtenu un succès planétaire et une aura internationale mais il aura toujours fui les projecteurs pour se consacrer à sa passion: le dessin.

“+Dragon Ball+ est comme un miracle parce qu’il a aidé quelqu’un comme moi, qui a une personnalité difficile et tourmentée, à faire du bon travail et à être accepté par la société”, avait-il déclaré en 2013 dans une rare interview.

Je n’aime pas socialiser, à tel point que j’ai plus d’animaux que d’amis”, a-t-il ajouté.

Né en 1955 dans la préfecture japonaise d’Aïchi, Toriyama a étudié le design au collège et ne s’est lancé dans une carrière de dessinateur de mangas qu’à 20 ans passés, après avoir travaillé trois ans dans une agence publicitaire de Nagoya (centre), selon la presse locale.

Ses débuts datent de 1978 avec “Wonder Island” mais sa carrière a vraiment décollé avec le manga humoristique “Dr. Slump” racontant les aventures d’une petite fille à lunettes, Arale Norimaki, qui est en réalité un robot doté de super-pouvoirs.

Le succès de cette série lui a donné la confiance suffisante pour se lancer dans la création de “Dragon Ball”, qui serait inspiré par l’acteur expert en kung-fu Jackie Chan et par un classique de la littérature chinoise du XVIe siècle “La Pérégrination vers l’Ouest”

Publié pour la première fois en 1984 dans Shonen Jump, un magazine prisé des jeunes Japonais, “Dragon Ball” narre les pérégrinations de Son Goku, un jeune garçon affublé d’une queue de singe, à travers de multiples univers fantastiques.

Tout au long de plus de 500 chapitres, ce héros coiffé en pétard et entraîné par un vieux sage nommé Tortue géniale défait une ribambelle de créatures effrayantes venues d’autres mondes et poursuit la quête de sept boules de cristal.

“Tenir les délais”

“Dragon Ball Z” a porté Toriyama vers de nouveaux sommets. Publié entre 1989 et 1996, la suite de “Dragon Ball” a mis en scène des combats dans l’espace et des destructions de planètes impliquant des guerriers extraterrestres de la race “Saiyan”.

Traduit partout sur le globe, “Dragon Ball” a été décliné en d’innombrables dessins animés, jeux vidéos, cartes à  jouer et figurines, qui en ont fait une immense machine à cash.

Dans son interview de 2013, Toriyama tentait de donner une des clés du succès incroyable de cette série: tenir les délais de fabrication.

“J’avais travaillé auparavant comme designer dans une petite agence de pub et j’avais pu voir moi-même le nombre de personnes impactés quand les délais ne sont pas tenus, même très légèrement”, avait-il affirmé.

Il avait toutefois reconnu que la tâche était difficile. “Le manga m’oblige à dessiner beaucoup de fois les mêmes images. J’avais tendance à m’ennuyer facilement, c’était donc sympa mais généralement ardu. J’ai plusieurs fois souhaité que cela s’achève plus vite”.

Le mangaka s’était également dit surpris par le succès qu’il avait rencontré. “J’espérais juste que les lecteurs s’amuseraient en lisant mon travail”, disait-il.

AFP

“Dragon Ball”: 4 choses à savoir
sur l’œuvre phare d’Akira Toriyama

Petit garçon surpuissant à queue de singe, combats de kung-fu et humour potache: la série japonaise de mangas “Dragon Ball” d’Akira Toriyama a conquis des millions de fans et contribué à populariser mangas et dessins animés japonais à l’étranger.

Après la disparition de son auteur à l’âge de 68 ans, annoncée vendredi, voici quatre choses à savoir sur cette série qui a touché des générations de fans:

Succès mondial

Le manga “Dragon Ball” contant les aventures de Son Goku et ses amis, initialement publié entre 1984 et 1995 dans l’hebdomadaire Shonen Jump, s’est vendu à plus de 260 millions d’exemplaires dans le monde, selon le site spécialisé Mangazenkan.

“En termes de popularité à l’étranger, +Dragon Ball+ a été de loin le meilleur, même parmi tous les contenus japonais réputés populaires à l’échelle mondiale”, estime le journaliste Tadashi Sudo, interrogé par l’AFP.

Librement inspirée du roman chinois du XVIe siècle “La Pérégrination vers l’Ouest”, la série combine arts martiaux, récit efficace et humour potache.

Attrait universel

“+Dragon Ball+ est universellement populaire dans le monde entier, sans distinction de nationalité, de l’Amérique du Nord à l’Europe et de l’Amérique du Sud à la Chine et à l’Asie du Sud-Est”, note M. Sudo.

Selon lui, une partie de son attrait réside dans le fait que l’action pourrait se dérouler n’importe où. “Ce n’est pas comme si la série se déroulait manifestement dans une région particulière de la planète, comme le Japon ou les Etats-Unis. D’un côté, elle semble familière et on peut s’y identifier, mais d’un autre, elle donne aussi ce sentiment d’étrangeté”, ajoute-t-il.

Déclinaisons et adaptations en tous genres

Adaptée en dessins animés, films d’animation ou avec des acteurs, jeux vidéo, cartes à collectionner et nombreux produits dérivés, l’oeuvre s’est prolongée dans d’autres déclinaisons, comme la série animée “Dragon Ball Z” lancée en 1989 et qui a fait exploser la popularité de la série, ou le manga “Dragon Ball Super” publié à partir de 2015.

Toutes ces itérations n’ont cependant pas été couronnées de succès: le film américain “Dragonball Evolution”, adaptation en prises de vues réelles sortie en 2009, a fait un flop au box-office et s’est attiré des critiques désobligeantes, poussant l’auteur du scénario à s’excuser des années plus tard.

Controverses

“Dragon Ball” a contribué à la popularité du manga et de l’animation japonaise à l’étranger et notamment en France, où l’adaptation en dessin animé – partiellement censurée – a été diffusée à la télévision à partir de 1988.

Il a cependant provoqué un certain nombre de polémiques dans les années 1980-90, critiqué comme d’autres œuvres japonaises pour sa violence, la nudité ou le penchant de certains personnages pour les petites culottes féminines, et se voyant même accusé d’incitation à la pédophilie.