La direction de la Santé alerte sur quatre cas identifiés de dermite rampante parasitaire

Les œufs de l’ankylostome sont présents dans les selles des chiens et des chats, et évoluent en larves lorsqu’ils séjournent dans un milieu humide et chaud (terre ou sable).
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En Polynésie française, trois cas de larbish, une dermite rampante parasitaire, ont été rapportés ces 15 derniers jours à Tahiti (Tautira, Pueu) et un cas à Moorea, explique le dernier bulletin de surveillance sanitaire (BSS).
Aucun patient n’avait fréquenté de plage récemment. Cependant, “tous ont indiqué réaliser des activités de jardinage sans gants”.
Dans ce contexte, les professionnels de santé “sont fortement invités à signaler tout cas suspect” au Bureau de veille sanitaire. En effet, ces signalements “permettraient d’avoir une idée de la répartition de ce syndrome sur le territoire, d’effectuer d’éventuelles investigations épidémiologiques et environnementales et de proposer des actions préventives adéquates.”

Le syndrome de larva migrans cutanée, également appelé larbish, ou dermite ankylostomienne, fut décrit pour la première fois en 1874. Il s’agit d’une dermite rampante, causée par l’infestation accidentelle et la migration d’une larve de nématode en impasse parasitaire chez l’homme, dont la pénétration larvaire se fait par voie transcutanée. Cette affection, est souvent retrouvée en zone tropicale et subtropicale, où le climat chaud et humide favorise la viabilité des larves infestantes.

Des larves qui pénètrent dans la peau

L’émergence de cette maladie dans des pays qui auparavant en étaient exempts “est probablement due au changement climatique”. Cette dermatite, est causée par Ancylostoma spp., et principalement par Ancylostoma braziliense. Les œufs de l’ankylostome sont présents dans les selles des chiens et des chats, et évoluent en larves lorsqu’ils séjournent dans un milieu humide et chaud (terre ou sable).

Une fois matures, les larves peuvent pénétrer dans la peau lorsqu’une personne marche pieds nus ou bronze sur un sol ou du sable contaminé. La surface cutanée serait plus importante chez les nourrissons en âge de reptation ou ayant un retard de marche, vue leur exposition plus fréquente, et plus prolongée au sol.

La plupart de ces larves sont incapables de poursuivre leur cycle chez l’Homme et meurent entre les deux à huit semaines faisant suite à l’infestation. Elles pénètrent la peau à travers les follicules pileux et les pores des glandes sudorales, mais elles peuvent également pénétrer la surface cutanée.

À partir du point de pénétration, généralement les pieds, les jambes, les fesses ou le dos, “les parasites remontent selon un trajet aléatoire, provoquant une éruption rouge-brun, en relief, filiforme et sinueuse.” L’éruption cutanée “démange intensément”. De petites papules et cloques peuvent également apparaître. Souvent, le fait de gratter les papules ou les cloques entraîne une infection bactérienne de la peau, précise le BSS. Dans certaines formes plus graves, les patients peuvent développer des folliculites, impétigo, des lésions vésiculo-bulleuses, ou même un syndrome de Loëffler avec une infiltration pulmonaire. Le diagnostic “repose sur le tableau clinique et l’anamnèse rapportant un séjour en zone endémique et/ou un contact prolongé avec du sable ou des sols humides en zone tropicale”.

Les chiens sur les plages, un problème…

Sur le plan biologique, des anomalies sont rarement rencontrées, “mise à part quelques cas
d’hyperéosinophilie.”
Bien que l’infection disparaisse habituellement spontanément après quelques semaines, l’inconfort et le risque d’infection bactérienne secondaire justifient le traitement, selon le BSS. Le traitement de choix étant l’ivermectine, par voie orale.

Afin de réduire le risque d’infestation par larva migrans cutanée, la principale mesure préventive est d’éviter le contact avec les sols susceptibles d’être contaminés. Ainsi, le port de chaussures, de sandales et de gants est préconisé. D’autres moyens de prévention, peuvent également être mis en place, “notamment l’interdiction des chiens et des chats au niveau des plages et aires de jeux ou encore leur traitement par vermifuge pour les animaux domestiques”.