Justice – “Deux coups de tête” à un gendarme, il prend huit mois de prison avec sursis

Jugé pour avoir agressé physiquement un gendarme, un homme de 39 ans a été condamné à huit mois de prison avec sursis. (Photo archives YP/LDT)
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En comparution immédiate du lundi 11 mars 2024, est jugé Pascal, 39 ans et père de trois enfants. Le prévenu, grand, costaud, les cheveux ramenés en man bun (sorte de chignon masculin), est convoqué devant le tribunal de Papeete après avoir agressé physiquement un militaire de la gendarmerie. Ce dernier s’est vu diagnostiquer une incapacité de travail de trois jours suite à cette altercation. C’est la première fois que Pascal se retrouve devant le tribunal correctionnel de Papeete.

“Titoi”, “connard

Le samedi 9 mars 2024, à Hitia’a, il est environ 21 heures. Pascal rentre chez lui “très alcoolisé” après une levée de fonds organisée par sa paroisse protestante. À son domicile -qu’il partage avec sa compagne, ses trois enfants, sa mère adoptive et son frère- Pascal crie et casse des objets. Il répand le chaos au point que sa voisine appelle les gendarmes. À 00h45, deux mutoi farani arrivent sur les lieux. Ils tentent de “discuter” avec Pascal mais celui-ci n’est “pas d’humeur“.

Bien que les deux brigadiers essayent de “calmer la situation“, Pascal leur lance un “titoi“, puis lorsque l’un des agents s’approche de lui, il le traite de “connard“. Pascal, “les yeux rouges“, perd patience et approche son front de celui du militaire. “Celui-là, tu vas te le prendre dans la gueule“, menace-t-il en désignant son poing. Il inflige alors deux coups de tête au gendarme, qui recule, complètement déstabilisé. Son collègue interpelle Pascal à l’aide d’un pistolet taser à chocs électriques. L’homme est d’abord plaqué à terre, avant d’être placé en garde à vue.

“C’est ma façon de parler”

À la barre et à l’aide d’une interprète en langue tahitienne, Pascal reconnaît les faits. Il explique que c’est “sa façon de parler” et “qu’il regrette que cet évènement ait pris autant d’ampleur“. En effet, selon son conseil, Me Kintzler, “il n’a pas arrêté de s’excuser spontanément, depuis le jour où il a été placé en garde à vue jusqu’à l’audience”. Cependant, les trois témoins de l’épisode -sa compagne, son frère et le second policier- confirment que Pascal a bien donné un coup de tête au gendarme. Aux yeux de la procureure, son cas ne s’arrange pas. Selon sa compagne, Pascal n’est “violent” que lorsqu’il boit. Embauché comme maçon en contrat à durée indéterminée depuis 2019, Pascal est le seul “à ramener l’argent à la maison“.

Bien que la victime n’a “aucune blessure apparente due à cette altercation“, relève Me Kintzler, pour la procureure ce geste démontre “la montée en puissance d’actes de résistance volontaires face aux forces de l’ordre“. “Ni l’alcool, ni le paka ne peuvent excuser le coup de tête”, ajoute-t-elle. La procureure propose aux juges 24 mois de prison avec sursis. Finalement, le tribunal correctionnel de Papeete condamne Pascal à huit mois de prison avec sursis.

Il s’évade de Nuutania

Opuhi, 45 ans et sans domicile fixe depuis “tout jeune” est jugé lundi 11 mars pour évasion. Détrompez-vous, pas une évasion inspirée de Prison Break, mais plutôt celle d’un “alcoolique” qui ne voulait pas être mis en semi-liberté. “Je voulais purger ma peine tranquillement“, se justifie-t-il, à la barre. En effet, tous les matins, sauf le week-end, Opuhi est relâché la journée mais doit revenir au centre pénitentiaire tous les soirs. Et puis, un beau soir, celui du 1er mars, il décide de ne pas rentrer.

Opuhi vagabonde sept jours dans les rues de Papeete et replonge dans ses mauvaises habitudes : il fait la manche et recommence à boire. Finalement, le prévenu décide de se rendre de son gré au commissariat afin de retourner à Nuutania. Le tribunal lui ordonne d’y rester deux mois de plus et lui octroie sa semi-liberté.

Les prénoms utilisés dans cet article sont des prénoms d’emprunt.