Sans permis et fortement alcoolisé, il tue un scootériste: deux ans de prison ferme

Le 27 novembre 2020, le sexagénaire, qui n'a jamais passé le permis, percute un père de famille qui circule en scooter. Au volant de son automobile non assurée, l'homme est contrôlé avec 1,63 gramme d'alcool dans le sang. Il a été condamné, ce 12 mars, à deux ans de prison ferme. (Photo : LDT)
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Le tribunal correctionnel de Papeete, jugeait, ce mardi 12 mars, un sexagénaire qui, en novembre 2020, avait percuté un scootériste de 45 ans. L’homme succombait huit jours plus tard de ses blessures au centre hospitalier. Circonstances aggravantes, le conducteur de la voiture conduisait sans permis et alcoolisé. Il a été condamné à deux ans de prison ferme et trois ans avec sursis.

Triste affaire que celle que le tribunal correctionnel était amené à juger ce 12 mars. Celle d’une famille déchirée par la tristesse après avoir perdu un père de famille, un concubin, percuté par un homme qui a bravé les interdits en conduisant un véhicule, alors qu’il n’était pas titulaire du permis de conduire et après avoir consommé de l’alcool, trop d’alcool…

La victime décède huit jours après le drame à l’hôpital

Nous sommes à Papeete en novembre 2020, le 27 plus précisément. Il est environ 19 heures quand le sexagénaire – qui répond à présent de ses actes à la barre -, se trouve au volant d’un véhicule à une intersection située avenue du Prince Hinoi. Ce véhicule, il ne lui appartient pas et il n’est pas assuré. Il lui a été confié par un membre de sa famille afin de le réparer… et non pas le conduire. Le prévenu l’utilise malgré tout pour se rendre au travail.

Alors qu’il est arrêté, le feu passe au vert. Il souhaite tourner sur sa gauche. Il laisse d’abord passer une auto qui arrive en face et qui souhaite aller tout droit. Puis le sexagénaire s’engage alors pour tourner à gauche. Sauf qu’en face arrive un scooter. Le choc, très violent, ne peut être évité. Immédiatement prise en charge par des passants, la victime en scooter décède huit jours plus tard à l’hôpital de ses trop nombreuses blessures.

Pas de permis et 1,63 gramme d’alcool par litre de sang

Arrivés sur les lieux de l’accident, les agents de police se rendent compte que l’homme à bord de l’automobile sent fortement l’alcool. Et pour cause : un contrôle d’alcoolémie révèle 1,63 gramme d’alcool par litre de sang, soit plus de trois fois la limite légale autorisée. Le prévenu indique que ce jour là, il avait bu douze canettes de bière. L’homme conduit également sans permis de conduire. Il indique, lors de son interpellation, l’avoir “perdu récemment”. En vérité, l’homme de 60 ans n’a jamais eu le permis de toute sa vie.

Concernant les circonstances de l’accident, il explique ne pas avoir vu le scooter arriver. Il rejette même la faute sur le scootériste, l’accusant de circuler sans feux. Un argument vite contredit puisque la vidéosurveillance, présente à l’intersection, prouve que la victime avait bien allumé les feux de son deux-roues. L’homme de 45 ans décédé portait également bien son casque. Les véritables raisons de l’accident : un homme trop fortement alcoolisé pour analyser correctement les distances. Sa vision troublée ne lui permet pas de voir le scooter arriver. Il le percute avec pour conséquences collatérales deux jeunes orphelines et une veuve.

Deux enfants qui perdent un papa poule

Ce drame aurait sans doute pu être évité si le prévenu avait déjà pris pleinement conscience du danger qu’il faisait courir aux autres mais également à lui-même. A plusieurs reprises, il a en effet été condamné pour conduite sans permis ou conduite sans permis sous l’emprise d’un état alcoolique. Une condamnation précédente à six mois de prison avec sursis ne lui a finalement pas servi de déclencheur pour soigner son alcoolisme et arrêter de conduire. Il ne peut, aujourd’hui, que faire face à la barre aux deux jeunes orphelines qui ont perdu “leur papa poule” avec qui elles partageaient la passion du football.

L’homme a t-il pris conscience du mal qu’il a causé ? Seul l’avenir pourra le dire. Malgré tout, à plusieurs reprises, que cela soit par écrit ou oralement, il présente ses excuses à la famille de la victime. Dans ses réquisitions, le procureur de la République demande à ce que l’homme soit condamné à quatre ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, et un an avec sursis. Finalement, le tribunal condamne l’homme à deux ans de prison ferme, sans mandat de dépôt, et à trois ans de prison avec sursis, ainsi qu’à une obligation de soins. L’homme ayant déjà purgé un an de peine en prévention, il lui reste une année à passer derrière les barreaux .