Deux ans de prison ferme pour la mule arrêtée avec un kilo de paka et quatre grammes d’ice

Le prévenu avait été arrêté par la douane alors qu'il voyageait à bord de l'Apetahi Express, entre Huahine et Papeete. (Photo : Archives LDT)
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Le 29 janvier dernier, un homme d’une trentaine d’années était contrôlé à bord de l’Apetahi Express par la douane lors d’un voyage entre Huahine et Tahiti. Les forces de l’ordre trouvaient sur le jeune homme un peu plus d’un kilogramme de pakalolo mais également 3,8 grammes de méthamphétamine. Se présentant comme une mule, l’homme était jugé en comparution immédiate ce jeudi 14 mars. Il a été condamné à deux ans de prison ferme.

Il est environ 14h15, ce 29 janvier 2024, lorsque les douaniers procèdent à un contrôle de passagers en provenance de Huahine à bord de l’Apetahi Express. A bord du navire, le prévenu est interpellé en possession de près d’un kilogramme de cannabis mais également de neuf sachets de méthamphétamine, représentant une quantité totale de 3,8 grammes.

Interrogé, il explique alors n’être qu’une mule, pour un commanditaire qu’il dénonce. Le prévenu indique avoir accepté “la mission” en contrepartie d’une somme de 100 000 F. Questionné par la cour sur les raisons qui l’ont poussé à prendre ce risque, il explique l’avoir fait pour aider sa maman malade.

Cependant, l’homme, déjà connu de la justice pour une affaire de stupéfiants en 2016, pour laquelle il avait été condamné à six mois de prison avec sursis, peine à convaincre la cour qui précise que rien ne corrobore les propos du prévenu sur le soi-disant commanditaire. Ce présumé client final qui explique d’ailleurs, lors d’un interrogatoire, avoir eu des problèmes avec l’homme présent à la barre.

Du “baratin” selon le ministère public

Autre fait marquant pour les magistrats, les quelque 20 photos retrouvées sur le téléphone portable de celui qui fut anciennement militaire, sur lesquelles on le voit s’exhiber avec sa plantation de pakalolo. Le prévenu explique que sa production ne sert qu’à sa consommation personnelle ou pour ses proches à qui “il donne” mais “ne vend pas”.

La procureure de la République est également sceptique face aux explications données par le prévenu. Elle l’interpelle d’ailleurs sur le financement récent de trois billets d’avion entre Huahine et Papeete, alors que l’homme déclare ne pas gagner plus de 20 000 F par mois, et cherche aussi à comprendre pourquoi il avait besoin de ces 100 000 F “de mission” alors que la maladie de sa mère semble pouvoir être prise en charge par la CPS.

Le ministère public s’interroge sur la sincérité et la bonne foi de celui qui fêtera ses trente ans cette année. Le prévenu assure que d’autres personnes, qu’il accuse d’être les vrais responsables, souhaitent tout lui mettre sur le dos. Pour la procureure, il ne fait que peu de doute que ce que l’homme raconte est “du baratin”. Pour les faits reprochés, elle demande une condamnation à trois ans de prison ferme et la révocation du précédent sursis de six mois.

La cour, après en avoir délibéré, condamne finalement le prévenu à deux ans d’emprisonnement ferme et ordonne le maintien en détention. La révocation du sursis prononcé en 2016 est également retenue. L’homme écope par conséquent de six mois supplémentaires derrière les barreaux. Enfin, il devra s’acquitter d’une amende douanière d’un million de francs.