Magazine – Eric Nam, la star de la K-Pop qui venait d’Amérique

A 35 ans, Eric Nam en est à sa troisième tournée mondiale, avec quelque 80 concerts, presque tous à guichet fermé. (Photo AFP)
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L’Américain Eric Nam parlait à peine quelques mots de coréen lorsqu’il s’est envolé pour Séoul afin de se lancer dans la K-Pop, et de rencontrer le succès, devenant même l’une des stars de ce genre musical.

C’est sur un coup de tête que ce fils d’immigrés coréens, qui a grandi à Atlanta, s’était inscrit en 2011 aux sélections de “Star Audition”, un célèbre télécrochet de la chaîne coréenne MBC.

Bien qu’arrivé cinquième, on lui offre d’enregistrer un premier album. Entre ça et son emploi de consultant chez Deloitte, le choix est vite fait : il sera chanteur.

“Pour être honnête, quand j’ai débuté, je ne parlais pas vraiment coréen, donc je ne savais pas réellement ce que je chantais”, avoue-t-il à l’AFP à Paris, avant deux concerts.

Cela ne l’a pas empêché d’enchaîner les tubes, de présenter des émissions de télévision et d’être sacré “Homme de l’année” par l’édition sud-coréenne du magazine GQ en 2016.

Son parcours improbable vers la célébrité ne l’a pas seulement obligé à apprendre rapidement le coréen, il l’a aussi privé du processus de formation très exigeant des idoles de la K-Pop.

“C’était une phase très dure. Je me suis sentis mal préparé quand j’ai démarré parce que je ne savais pas danser comme tous les autres, et je ne savais pas comment me produire sur scène”, se souvient-il. “C’était donc un défi à relever. Comment créer quelque chose qui me soit propre ?”

Proximité avec le public  

Sa stratégie a été de jouer de son statut d’outsider et de chanter en anglais pour conquérir un public international.

Sa tactique a porté ses fruits, semble-t-il. A 35 ans, Eric Nam en est à sa troisième tournée mondiale, avec quelque 80 concerts, presque tous à guichet fermé.

A l’image policée offerte par beaucoup de ses confrères de la K-Pop, le jeune homme a préféré la proximité avec le public des chanteurs occidentaux.

Je voulais raconter mes propres histoires (…) et je pense qu’avec le temps j’ai été amené à être plus ouvert, plus transparent, et plus honnête dans mes paroles”, explique-t-il.

Son album sorti en septembre, “House on a Hill”, combine rythmes pop et questionnements sur ses choix de vie.

“Il a été écrit pendant une sorte de crise existentielle”, confie-t-il. “On a tous des critères de réussite, et je me suis rendu compte que j’avais atteint beaucoup de ces critères très tôt. Et c’est comme une course sans fin”.

Les chansons retracent ses efforts pour se poser. “Se résoudre à ne pas avoir tout résolu“, dit-il.

L’image qui se voulait parfaite de la pop coréenne a été ébranlée ces dernières années par des scandales, avec notamment en 2018 une affaire de viol dans une boîte de nuit de Séoul, appartenant alors à une vedette du milieu aujourd’hui déchue et condamnée, Seungri.

L’âge de la retraite?

Une approche plus sincère et personnelle de la musique a fait son chemin en Corée du Sud ces dernières années, selon Eric Nam.

“Il y a beaucoup plus d’artistes qui s’expriment franchement et honnêtement sur leur parcours de vie, ce qui est une bonne chose”.

Mais “nous devons garder des choses pour nous, sinon nous vivons pour les autres”, estime-t-il aussi.

Le trentenaire est parfois taquiné sur son âge par ses fans qui le trouvent trop vieux pour le monde de la K-Pop, malgré son apparence très juvénile.

“C’est une sorte de comique de répétition de dire que j’ai 19 ans pour toujours“, plaisante-t-il.

“Pendant longtemps, on a craint qu’à partir d’un certain âge, on ne soit plus capable de se produire ou d’être pertinent. Mais je pense que les temps changent et qu’il y a un grand niveau de croissance, de maturité et de beauté qui vient avec l’âge”.

AFP