Des cultivateurs de canne à sucre demandent au président Brotherson l’accès au foncier public

L’accès au foncier public est la principale préoccupation des cultivateurs de canne à sucre" selon Marotea Vitrac. (Photo : syndicat)
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Les caniculteurs, ou cultivateurs de canne à sucre, se sont réunis le mercredi 27 mars dernier à Patio, sur l’île de Taha’a, pour signer un courrier adressé au président du Pays Moetai Brotherson. Ils demandent à être reçus pour évoquer leurs principales préoccupations.

La filière canne s’organise sous l’action de quatre distilleries de rhum pure jus de canne à sucre (à ne pas confondre avec le rhum de mélasse importée) depuis 2014. “Aujourd’hui, avec 70 ha de cannes plantées dans 3 archipels, c’est une des filières agricoles les plus importante et les plus prometteuse du fenua. En effet, les rhums qui en sont issus sont médaillés chaque année depuis leur création dans les plus prestigieux concours, comme par exemple au Salon de l’agriculture porte de Versailles à Paris en février dernier, où nos rhums ont monopolisé le podium avec les trois premières places, or, argent et bronze !” exlique Morotea Vitrac. “C’est de très bon augure pour ces professionnels qui visent l’obtention d’une IG (indication géographique) en 2024”.

C’est donc carton plein pour les rhums de Polynésie française… Fort de cet élan, le syndicat des producteurs de rhum de Polynésie française a motivé les agriculteurs à se regrouper en association pour parler d’une seule voix et devenir un allié de poids des producteurs de rhum. Selon le syndicat, ce sont ainsi plus de 40 agriculteurs qui représentent 55 ha sur trois archipels (Société, Tuamotu et Marquises) qui en font partie. Mercredi dernier à Taha’a ils étaient nombreux à venir écouter les avancées de la filière présentée par le bureau de l’association de producteurs de canne à sucre (APCS).

En effet, les agriculteurs, portés par leur association, demandent à obtenir des terres, des communes ou du Pays, qui ne sont pas exploitées du tout et pourraient l’être alors. “Leurs propres terres indivis les intéressent peu car c’est systématiquement source de conflits familiaux sans fin… L’accès au foncier public est donc leur principale préoccupation” précise Marotea Vitrac. “En second lieu, ils sont inquiets quant au devenir des aides à la plantation auxquelles ils auraient accès depuis 2 ans… certains n’ont même pas encore pu en bénéficier qu’ils entendent des rumeurs sur leur retrait. Un pas en avant, un pas en arrière, un air de déjà vu sur les filières agricoles. Celle-ci mérite grandement d’être aidée sans faille, au regard de leur niveau d’organisation et de l’excellence de leurs produits qui, outre qu’elle contribue grandement à la réputation idyllique du fenua, est largement porteuse d’emploi”.