Assemblée nationale : la nécessité des énergies renouvelables enfin reconnue

"C'est un tournant, car c'est la première loi en France dédiée aux énergies renouvelables" s'est félicité Michel Gioria, délégué général de France Energie Eolienne (FEE).
"C'est un tournant, car c'est la première loi en France dédiée aux énergies renouvelables" s'est félicité Michel Gioria, délégué général de France Energie Eolienne (FEE). (Photo : AFP)

Avec la loi pour l’accélération des énergies renouvelables, adoptée ce mardi 10 janvier, à l’Assemblée nationale, la France reconnaît le besoin de déployer ces modes de production, nécessaires tant au climat qu’à l’approvisionnement du pays, ont réagi mardi les représentants du secteur auprès de l’AFP.

– Michel Gioria, délégué général de France Energie Eolienne (FEE): « C’est un tournant, car c’est la première loi en France dédiée aux énergies renouvelables. C’est aussi la première fois que certains sujets sont mis en avant: la planification, la redistribution des fruits de la transition…
Les élus locaux ont non seulement un nouveau rôle mais une coresponsabilité dans la définition de « zones d’accélération ».
En revanche, les débats à l’Assemblée ont montré à droite et à l’extrême droite une forme de négation des faits et une vraie prise de distance avec le sujet climatique, sous couvert de défense du nucléaire. Quant à la gauche, les partis vont devoir gérer et travailler leurs contradictions, entre renouvelables, biodiversité, planification… »

– Daniel Bour, président d’Enerplan, syndicat du solaire: « Cette loi, c’est la reconnaissance officielle de la nécessité de développer massivement et rapidement les énergies renouvelables sur nos territoires, aussi bien pour des raisons climatiques que de sécurité énergétique.
C’est un message clair aux préfectures et aux commissions intervenant dans la délivrance des autorisations.
Maintenant, il faut aller au bout, via les textes réglementaires pour la rendre praticable, des moyens humains dans les administrations…
La plupart des pays ont accéléré. En 2022, le volume européen de raccordement des installations solaires s’est élevé à 41 gigawatts (GW), soit près de 50% de croissance, à comparer, en France, à 2 GW et une croissance nulle !
2023 doit lancer le mouvement en France: nous pouvons faire 4 GW dès cette année. »

– Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER): « Le tournant est le fait que le gouvernement ait pris conscience du retard de la France dans les énergies renouvelables, et que le Sénat ait approuvé largement le projet de loi.
Mais à l’Assemblée, le débat s’est transformé en rassemblement d’inquiétudes, et les députés ont réduit l’ambition du texte.
C’est assez attristant. Le mot « accélération » dans le titre ne suffit pas.
Il reste deux semaines d’ici la Commission mixte paritaire (réunissant Sénat et Assemblée, NDLR), pour que certains freins disparaissent (notamment les nouveaux critères ajoutés à l’éolien terrestre) et que d’autres dispositions reviennent (notamment le raccourcissement des procédures d’instruction des dossiers).
Nous en appelons à la raison et au sens de l’intérêt général des parlementaires, à leur capacité à porter un discours plus positif aussi. Ce texte sera-t-il porteur d’une ambition? Ou avancera-t-on à reculons? On aura la réponse dans 15 jours. »