Edito – Autour de la table

Les fêtes de fin d’année sont propices à des réunions familiales. Le mot famille nous vient du latin « familia » (domesticité, maisonnée), dérivé de famulus, famul « serviteur, esclave ». Le mot a évolué en occultant la communauté des personnes qui vivent  ensemble dans une maison pour ne retenir que ceux qui composent la famille, avec ascendance commune, unis par les liens du sang. L’esprit de la fête de Noël doit nous rappeler la définition originelle, voire même, nous pousser à ouvrir les portes et aller vers autrui. En Polynésie, on célèbre encore la nativité, alors que dans plusieurs pays occidentaux, cette fête a été déchristianisée, et  demeure comme une fête traditionnelle. 

Au fenua, le sapin de Noël est une œuvre à construire et déconstruire chaque année. La décoration et les lumières viennent enrichir cette composition architecturale d’intérieure. Les familles, même sans beaucoup de moyens financiers, tiennent à cette tradition, pourtant coûteuse.

Chez nous, comme ailleurs dans le monde, ces réunions sont souvent animées. Les discussions peuvent être chaudes du fait des diversités d’opinions et tant mieux ! Nous aurions aimé se glisser sous la table des Polynésiens pour y déceler les sujets abordés lors de cette fête. Est-ce la vie chère ? La guerre de l’Ukraine ? Les élections futures ? La pénurie de certains produits alimentaires ? L’emploi des jeunes ? Le changement climatique ? Les problèmes causés par les drogues dures ? La santé ? L’énergie ? Ou des sujets plus légers comme la musique, le football ?

Ces sujets demeurent de l’ordre de l’intime. Formulons le vœu que celles et ceux qui sont dans le dénuement trouvent une porte de sortie honorable aux problèmes rencontrés.

L’année s’achève avec son lot de joies et de difficultés. Gardons à l’esprit qu’un tiers de nos compatriotes polynésiens vivent dans la précarité et sont perfusés aux aides du Pays, des mairies et de la CPS. Ils ont besoin de réponses concrètes à leurs préoccupations. La compagne électorale  qui s’annonce saura-t-elle répondre à ce tiers exclus de tout ?

A AHED