Unité médico judiciaire : La Polynésie félicitée par la chancellerie 

Le procureur général auprès de la Cour d'Appel, Thomas Pison dresse un bilan positif de la première année de fonctionnement de l’unité médico judiciaire de Polynésie. (Photo : Jennifer Rofes)

Il y a un an, grâce à une convention Etat-Pays, une unité médico judiciaire (UMJ), était créée au sein de l’hôpital de Taaone, afin de renforcer la médecine légale du vivant. Un outil, voulu et initié au niveau national par les ministres de la Justice et de la Santé, afin de mieux examiner, médicalement et biologiquement les victimes de violences physiques, et permettre aux enquêteurs de s’appuyer sur des certificats médicaux précis, pouvant être produits en justice, afin de résoudre de façon plus détaillée et rapide, les affaires autour des violences ou décès, survenues sur la voie publique.

Selon le procureur général, Thomas Pison, la constitution d’un groupe de professionnels de santé, experts en la matière, permet de mieux accueillir et prendre en charge les victimes et de s’appuyer sur des expertises techniques solides, lors d’une enquête judiciaire ou en cas de poursuites. « Avant la création de l’UMJ, lorsque vous étiez victime de violences physiques ou sexuelles, la personne se rendait chez un médecin, sur réquisition, ou la famille qui dressait un certificat médical. Un acte certainement bien fait mais qui n’était parfois pas à la hauteur de ce que l’on peut attendre en termes de technicité, pour pouvoir être débattu devant un tribunal. »

L’intérêt de cette structure est aussi double. Notamment pour les forces de l’ordre qui, jusqu’ici, devaient escorter un auteur de violence jusqu’à l’hôpital et patienter parfois une demi-journée au sein du service des urgences pour qu’un certificat soit établi, mobilisant ainsi trois gendarmes ou policiers durant des heures.

En centralisant, tous ces examens médicaux légaux de victimes (détermination d’ITT, constations de lésions et traumatismes, examens médicaux, clinique et biologique, liés à la route, les levées de corps et examens externes de corps, dans les cas de mort suspecte ou violente), cela facilite la prise en charge des personnes et rend la procédure bien plus rapide et efficace.  

L’unité médico judiciaire de Polynésie, située à côté du service de urgences de Taaone, est un service de santé entièrement dédié aux examens médicaux légaux des victimes de violences physiques et sexuelles. (Photo : DR)


Pour le fonctionnement de la structure, l’Etat français a versé une subvention de plus de 100 millions de francs dont la dernière tranche a été débloquée il y a quelques semaines au vu de l’excellent bilan dressé par l’UMJ de Polynésie au cours de cette première année d’existence. « Pour obtenir cette contrepartie financière, l’UMJ devait réaliser au moins 3000 actes médicaux. Un objectif largement atteint qui nous a valu les félicitations de la chancellerie à Paris car sur le territoire national, nous sommes l’un des projets qui a été le plus vite et a le plus avancé » a expliqué le procureur général auprès de la Cour d’Appel. 

Une subvention de même valeur sera donc reconduite pour l’année 2023 afin de renforcer les moyens de cette structure, tant au niveau du matériel médical qu’au niveau du personnel. En effet, la structure compte deux médecins légistes, deux infirmières et une secrétaire, mais le responsable de cette unité, le médecin Van Hoang Opperman, souhaiterait qu’une psychologue rejoigne l’équipe et que deux salles, l’une dédiée à un officier de police judiciaire, pour recueillir les dépôts de plainte et l’autre pouvant accueillir les auteurs, placés en garde à vue, soient aménagées. 

« Scinder l’unité en deux zones distinctes, une pour les victimes et une pour les mis en cause, avec deux entrées géographiquement opposées et contrôlées, permettra d’offrir un espace sécurisé et confidentiel pour les victimes », confesse-t-il.