Edouard Fritch. Des vœux à la presse en forme de lancement de campagne

Ces vœux étaient surtout le temps pour le président du Pays d’annoncer sa rentrée politique et son implication dans la campagne des territoriales. (Photo : Bertrand Prévost)

Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a présenté ses vœux à la presse ce lundi 9 janvier, en compagnie de son gouvernement. Une rencontre informelle avec les chefs de rédactions qui se tient chaque année mais qui avait été suspendue ces dernières années à cause de la crise covid.

Ces vœux étaient surtout le temps pour le président du Pays d’annoncer sa rentrée politique et son implication dans la campagne des territoriales. « C’est un enjeu majeur pour notre pays », explique-t-il au sujet des élections à venir. « J’aborde cette campagne qui s’annonce avec énergie et sérénité. En tirant les leçons de l’année écoulée, j’ai résolument choisi de regarder devant et d’affronter les nombreux défis qui se posent à nous pour préserver la sécurité et la solidarité qui sont le socle de la société polynésienne, tout en faisant évoluer notre modèle vers un développement endogène, plus durable et plus respectueux de notre environnement et de nos ressources naturelles. » Edouard Fritch a certainement posé là les premiers thèmes de campagne du Tapura.

Mais cette prise de parole face aux médias s’est aussi élargie à l’attitude des autres partis en place au fenua. Aux autonomistes regroupés derrière Teva Rohfritsch et Nicole Bouteau, Edouard Fritch leur demande de « respecter leurs anciens compagnons de route « tout en commentant, « on ne peut pas diviser sa propre famille politique et prétendre l’unir en même temps. »

L’indépendance, « un combat dépassé« 

Les mots les plus durs seront pour les indépendantistes. « Notre principal adversaire, c’est l’indépendance et tous les déséquilibres voire les désordres qu’elle peut engendrer notamment sur la dynamique de l’emploi, sur la croissance économique et la confiance des investisseurs, sur la santé, sur l’avenir de nos enfants, sur nos relations avec la France et enfin sur le vivre ensemble », a-t-il commenté.

Conscient de l’impact de l’échec des législatives pour son parti, Edouard Fritch relance la mobilisation de ses troupes. « Le parti indépendantiste de la désunion, le Tavini Huiraatira, a clairement fait connaître son objectif : rompre avec la République et engager les femmes, les enfants, les hommes c’est-à-dire tout un pays dans un processus conduisant à son indépendance. Ce sera une voie pour laquelle je n’adhère pas. (…) Aujourd’hui, dans le monde que nous vivons, je considère que l’indépendance est devenue un combat dépassé car nous n’avons plus à nous battre pour une liberté que nous possédons déjà. »

Assurant que la liste du Tapura sera déposée fin février pour entrer plus directement encore dans la campagne, Edouard Fritch a conclu, hors des lignes du discours déjà préparé : « Je resterai ce que je suis. Je ne veux pas plaire pour ce que je ne suis pas. »

Une bourse majorée pour les étudiants polynésiens en journalisme

Il n’est pas facile pour les rédactions du fenua de trouver des journalistes locaux, formés aux rudiments de la profession. L’ISEPP et l’Université proposent des formations mais bien souvent incomplètes. Aussi, Edouard Fritch a décidé de réinscrire ces métiers dans la liste des professions pouvant bénéficier de bourses majorées.