Un an de prison ferme pour le grand-père pervers

La Chambre de commerce ne gère pas le Registre du Commerce et des Sociétés de Papeete (RCS). Elle n'est donc pas responsable des délais "surréalistes" dénoncés par La Dépêche.
La Chambre de commerce ne gère pas le Registre du Commerce et des Sociétés de Papeete (RCS). Elle n'est donc pas responsable des délais "surréalistes" dénoncés par La Dépêche. (Archives LDT)

« Si je le dis à quelqu’un, mon grand-père va me tuer… ». Maeva, mais aussi sa petite sœur Taina (prénoms d’emprunt), ont été victimes d’agressions sexuelles de la part de leur propre grand-père, aujourd’hui âgé de 67 ans. Les faits se sont déroulés en 2020 sur l’île de Tahiti, alors que toutes deux étaient âgées de moins de 15 ans. Ne se sentant plus en sécurité chez les matahiapo qui hébergeaient les fillettes, l’aînée a d’abord informé sa maman, puis sa grand-mère, des attouchements dont elles ont été victimes. A quatre reprise pour l’aînée, dont une fois avec un billet de 1 000 francs donné par l’aïeul après son forfait. Célestin (prénom d’emprunt) s’est présenté libre le mardi 6 décembre devant le tribunal correctionnel afin de s’expliquer.

Le procès s’est déroulé dans le cadre d’une procédure de huis-clos partiel. Le procès d’un déni, en fait, puisque l’homme a contesté toutes les accusations, non sans reprocher à ses petites filles d’être des « menteuses », ou aux gendarmes d’avoir été jusqu’à « falsifier » ses déclarations dans lesquelles il reconnaissait les agressions. Célestin, élancé et musculeux, a tenu à assurer lui-même sa défense, sans avocat, et uniquement en reo tahiti traduit par l’interprète. Il s’est, face aux trois magistrats pas vraiment impressionnés par cette attitude, déclaré « très en colère à propos des choses dégoutantes colportées » à son encontre.


« Il faut tabasser tes enfants »

« Pourquoi ne pas en avoir parlé avant, pourquoi avoir attendu que je parte aux Marquises ? » Le président lui a répondu que c’était précisément parce que ses victimes directes, mais aussi sa femme et sa fille, avaient peur de lui. Les rapports des experts psy sont sans appel : les fillettes ont tenu des propos qui n’ont jamais varié. Et souffrent d’un véritable stress post traumatique : peur, détresse, incompréhension, sentiment d’impuissance… « J’ai dit à ma fille : il faut tabasser tes enfants, les éduquer comme j’ai été éduqué » a même déclaré le prévenu qui, enfermé dans sa logique, a supposé un complot familial contre lui. 

« Ce grand-père n’a rien trouvé de mieux que de caresser les parties intimes de ses deux petites-filles » s’est indignée l’avocate des victimes. « L’agresseur ne veut pas reconnaître les faits et les traite de menteuses. Tout cela se rajoute au préjudice des victimes, qui veulent être reconnues en tant que tel ». Sommé par le président de cesser de commenter à voix haute les déclarations de sa fille présente à l’audience, Célestin a ensuite été étrillé par les réquisitions du procureur de la République. « Les indices sont graves et concordants. (…) Le prévenu présente une personnalité de type tyran domestique. Il n’a aucune empathie. »

Le procureur a réclamé une peine de 3 ans de prison dont deux ans avec sursis probatoire pendant 24 mois. Le tribunal a intégralement suivi ces réquisitions, en y ajoutant une obligation de soins, d’indemnisation des victimes et une interdiction de rentrer en contact avec elles, ou même de simplement paraître à leur domicile.

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