En état de récidive, il frappe encore sa femme et écope de 30 mois de prison ferme

Gifles, coups de poing, morsures, étranglements… L'homme de 33 ans, déjà condamné pour des faits de violences conjugales, a fait vivre un véritable calvaire à sa victime. Il est condamné à 30 mois de prison ferme. (Photo : SB/LDT)
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Sans originalité“. C’est ainsi que le juge a ouvert l’audience des comparutions immédiates, ce jeudi 4 janvier, au tribunal correctionnel de Papeete. En effet, les années se suivent et se ressemblent… malheureusement. “Au menu” de la journée, trois affaires de violences conjugales. Parmi elles, un homme présenté pour avoir récidivé, après être sorti de prison pour des faits de violences sur sa femme. Il est de nouveau condamné et devra purger une peine de 30 mois de prison ferme.

C’est un homme d’une trentaine d’année qui se présente en salle d’audience. Un individu qui est un habitué des lieux pour avoir déjà été sanctionné pour des violences conjugales. La dernière condamnation remonte à novembre 2022. A cette époque, il est jugé pour avoir frappé sa concubine et est condamné à huit mois de prison ferme. Après avoir purgé sa peine, l’homme se remet en couple avec sa compagne, alors même que la justice lui avait interdit tout contact avec sa victime.

Gifles, coups de poing, morsures, étranglements…

Les faits reprochés se déroulent entre septembre et octobre de l’an passé. Interrogé par le juge sur le non-respect des mesures d’éloignement imposées, le prévenu répond : “Je n’y arrivais pas, je l’aimais trop”. Les violences qui reprennent sont multiples : gifles, coups de poing, morsures, étranglements. Les actes s’accompagnent aussi de mots. L’homme est également présenté pour des faits de harcèlement. Face à la situation, l’homme explique qu’il ne savait plus quoi faire. “Bah, partir…”, lui rétorque le juge.

Selon le récidiviste, les faits auraient pu être évités si sa conjointe n’était pas venue le récupérer les fois où il essayait de partir. “Quand je partais, elle venait me chercher (…) On aurait pu éviter cela si elle m’avait laissé rentrer chez moi me calmer (…) C’est de notre faute à tous les deux.” Une victime qui, à la barre, explique qu’elle a voulu lui laisser une seconde chance à sa sortie de prison. La même victime qui a perdu son travail, ne pouvant plus s’y rendre à cause des marques des coups ou alors parce que son conjoint ne voulait pas qu’elle aille travailler.

“Une relation toxique”

Ces violences se renouvellent périodiquement, environ tous les trois jours, à la reprise de la vie commune. La victime, à bout, explique qu’elle a tenté de se suicider à plusieurs reprises. “Je sais que c’est une relation toxique (…) J’ai envie de me reconstruire.” Des propos qui laissent tout même sceptique le juge quant à sa réelle volonté de couper les ponts avec son bourreau. Une victime qui dit se concentrer aujourd’hui sur la réussite d’un concours d’entrée dans la fonction publique.

Décrit par les experts comme “explosif” et incapable de se contrôler, l’homme est, toujours selon les psychiatres et psychologues, “immature” et a tendance à minimiser les faits. Un prévenu qui a baigné dans ce monde de violence durant son enfance et qui connaît des problèmes d’addiction à l’alcool, au paka et à la méthamphétamine (ice). Une prise de psychotropes qui ne serait pas un élément déclencheur des violences selon les experts, mais qui les aggraverait.

“On prend les mêmes et on recommence…”

“On prend les mêmes et on recommence un an plus tard”, semble s’agacer le procureur de la République qui décrit ici une relation d’emprise et de contrôle du prévenu sur la victime. Pour les faits reprochés, il sollicite une condamnation à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme et six mois avec sursis probatoire, ainsi que l’obligation de soins, de travailler et de ne plus approcher ou rentrer en contact avec la victime. Il demande également à ce que deux précédents sursis, de quatre et huit mois, soient révoqués.

Des réquisitions qui sont suivies en totalité par les juges qui condamnent également le prévenu au paiement d’une somme de 200 000 F au titre des dommages et intérêts. L’homme, initialement placé en détention provisoire, reste en prison et ce pour les 30 prochains mois à venir, sauf réduction de peine.