Parti faire du shopping aux USA, il revient avec 9 kilos d’ice : 5 ans de prison ferme

L'homme était jusque-là inconnu des services de police et de la justice. Pour l'importation de 9 kilos d'Ice, il a été condamné, ce jeudi 11 janvier, à 5 ans de prison ferme. (Photo : SB/LDT)
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Le 7 novembre dernier, un homme d’une quarantaine d’année, était interpellé à l’aéroport international de Tahiti-Faa’a avec 9 kilos de méthamphétamine dans ses deux valises. Il comparaissait ce jeudi 11 janvier, pour les faits reprochés. Sa défense : il ne savait pas qu’il y avait la drogue dans ses bagages achetés directement sur place. Une argumentation qui n’a pas convaincu le tribunal qui l’a condamné à cinq ans de prison ferme.

L’homme qui se présente à la barre, ce jeudi 11 janvier, dans le cadre la procédure de la comparution immédiate, donne l’impression de ne pas être trop inquiet, voir serein. Pourtant, l’homme, placé en détention provisoire, n’est pas là pour des faits anodins puisqu’il a été interpellé avec 9 kilos d’ice en novembre 2023, à l’aéroport de Tahiti-Faa’a, après un séjour de quatre jours aux États-Unis, pour y faire du shopping, comme il l’indique.

Employé dans une compagnie aérienne locale, l’homme décide, à quelques semaines de noël de profiter des billets GP, dont il bénéficie, pour partir aux États-Unis quelques jours afin d’y acheter des cadeaux pour ses enfants. Aux juges, il explique alors être parti sans valise à San Francisco, pour ensuite aller directement en voiture vers Los Angeles pour faire le shopping en question, pour ensuite revenir à “The City by the Bay”. 

Un parcours troublant pour les magistrats qui ne comprennent pas pourquoi l’homme est allé à San Francisco au lieu d’aller directement à Los Angeles. “Je voulais essayer la compagnie United et voir si je savais toujours conduire aux États-Unis » donne-t-il comme raison à ce périple. Un voyage qui se fait sans valise, car l’homme compte alors directement les acheter sur place afin de ramener ses achats de noël.

1,3 milliard de francs de drogue dans les valises

Alors qu’il est à Los Angeles et qu’il a terminé ses emplettes, il est temps pour le prévenu d’acheter les bagages nécessaires. Il indique alors que, sur un parking, un homme, qu’il affirme ne connaître ni d’Eve ni d’Adam, lui propose deux valises à bas prix : 20 dollars chacune. Notre touriste dit alors sauté sur l’occasion. Étrange vendeur qui demande à son client son numéro de téléphone ainsi que sa date retour vers le fenua. Des informations que le prévenu donne sans broncher.

Après cette “bonne affaire”, il explique être reparti vers San Francisco, après avoir mis les cadeaux de noël directement dans les valises, sans les contrôler. Il redécolle alors vers la Polynésie française où il est interpellé par la douane à son arrivée. A l’ouverture d’une des valises, les forces de l’ordre trouvent des cristaux sur du linge. Le double fond a cédé et des sachets ont explosé. Un double fond qui sera aussi découvert dans le deuxième bagage. Des doubles fonds où des plaques Brasserie de Tahiti sont retrouvées.

Une découverte d’une marque locale dans les doubles fonds qui surprend grandement les magistrats… Au total 9 kilos d’ice sont saisis. A la revente, une telle quantité est estimée à 1,3 milliard de franc. L’homme n’en démord cependant pas sur ses explications. “C’est une histoire un peu curieuse, vous ne trouvez pas ?”, lui demande le juge qui l’interpelle également sur le fait qu’un parfait inconnu puisse lui “confier” 1,3 milliard de francs sans raison particulière. Réponse de l’intéressé : “Non, on peut se faire avoir”.

Des explications hasardeuses pour la procureure de la république qui soulève l’incohérence de la situation. Selon la représentante du ministère public, il ne fait aucun doute que le prévenu avait connaissance de la marchandise qu’il transportait. Pour les faits reprochés, elle requiert une peine d’emprisonnement de cinq ans ferme , le maintien en détention, ainsi que le paiement d’une amende douanière d’un milliard de francs. Des réquisitions suivies par les juges sur la peine de prison et le maintien en détention. L’amende est revue à la baisse, à 1,5 million de francs.